N. Belliard
Compléments des cours
T.MATHSGR2
II. Suites numériques
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74 p. 172
75 p. 172
76 p. 172
77 p. 172
80 p. 172
81 p. 172
82 p. 172
103 p. 174
163 p. 182
Nous démontrons au préalable l'inégalité de Bernoulli.
Pour tout entier $n \ge 2$ et tout réel $x > -1$ on a: \[(1+x)^n \ge 1 + nx.\]
Démonstration par récurrence.
Pour $n = 2$ on a:
\[(1+x)^n = (1+x)^2 = 1^2 + 2\cdot 1 \cdot x + x^2.\]
D'autre part
\[1 + nx = 1 + 2x.\]
Or $x^2 \ge 0$ donc :
\[1 + 2x + x^2 \ge 1 + 2x \implies (1+x)^2 \ge 1+2x.\]
Supposons maintenant cette inégalité vraie au rang $n$ ($n$ étant un entier
quelconque tel que $n \ge 2$).
Donc par hypothèse de récurrence:
\[(1+x)^n \ge 1 + nx.\]
De plus $x > -1$ donc $(1+x) > 0$.
Alors:
\[\begin{aligned}
(1+x)^n &\ge 1 + nx&
\\
\implies (1+x)(1+x)^n &\ge (1+x)(1+nx)&
\\
\implies (1+x)^{n+1} &\ge 1^2 + 1\cdot nx + x\cdot 1 + nx^2&
\\
\implies (1+x)^{n+1} & 1 + (n+1)x + nx^2&
\end{aligned}\]
Or $n > 0$ et $x^2 \ge 0$ donc $nx^2 \ge 0$, ce qui implique que:
\[1 + (n+1)x + nx^2 \ge 1 + (n+1)x.\]
Donc on a bien :
\[(1+x)^{n+1} \ge 1 + (n+1)x.\]
Initialisée et héréditaire, l'inégalité de Bernoulli est donc bien
vraie pour tout entier naturel $n \ge 2$.
Soit $q\in\mathbb R$. Si $q>1$, $\displaystyle\lim_{n\to+\infty} q^n = +\infty$.
Soit $x = q - 1$ donc $q = x + 1$.
Puisque $q > 1$, $x > 0$ donc on peut appliquer l'inégalité de Bernoulli
pour tout entier $n\ge 2$:
\[q^n = (1+x)^n \ge 1 + nx.\]
Puisque $x > 0$ : $\displaystyle\lim_{n\to+\infty} nx = +\infty$.
Donc, a fortiori, $\displaystyle\lim_{n\to+\infty} 1+ nx = +\infty$.
La suite $(q^n)$ étant minorée par une suite tendant vers $+\infty$, elle tend
donc elle aussi vers $+\infty$ (Théo 17).
Toute suite croissante non majorée tend vers $+\infty$.
On rappelle (déf. 2) qu'une suite $(u_n)$ tend vers $+\infty$ si, quel que soit
le réel $M$ que l'on choisisse, il existe un rang $n_0$ tel que
\[n \ge n_0 \implies u_n \ge M.\]
Soit donc $(u_n)$ une suite croissante non majorée.
Soit $M$ un réel quelconque. Puisque $(u_n)$ est non majorée, il existe un entier $n_0$ tel que :
\[u_{n_0} > M.\]
(Car sinon, $(u_n)$ serait majorée par $M$.)
Or la suite $(u_n)$ est aussi croissante. Donc pour tout entier naturel $n$:
\[n \ge n_0 \implies u_n \ge u_{n_0} \implies u_n > M.\]
Donc, par définition : $\displaystyle\lim_{n\to+\infty} u_n = +\infty$.
Soient $(u_n)$ et $(v_n)$ deux suites numériques et un rang $n_0$ tel que
\[\forall n\ge n_0,\quad u_n \le v_n.\]
Alors :
$\displaystyle\lim_{n\to+\infty} u_n = +\infty \implies \displaystyle\lim_{n\to+\infty} v_n = +\infty$;
Soient donc deux suites $(u_n)$ et $(v_n)$ vérifiant les conditions de la propriété annoncée.
Soit $M$ un réel quelconque. Puisque $(u_n)$ tend vers $+\infty$, il existe un rang $n_1$ tel que :
\[n \ge n_1 \implies u_n \ge M.\]
Soit $N$ le plus grand entier entre $n_0$ et $n_1$. Il est clair que :
\[n \ge N \implies u_n \ge M.\]
Mais aussi:
\[n \ge N \implies v_n \ge u_n \implies v_n \ge M.\]
Donc, par définition (Déf. 2), $(v_n)$ tend vers $+\infty$.
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